Les origines de la magie

D’après certains historiens, la magie serait aussi vieille que le monde. En effet, certaines gravures semblent attester de la présence de la magie dès la préhistoire, principalement sous forme de rituels religieux. Cependant la frontière entre prestidigitation, sorcellerie et croyance divine reste encore extrêmement floue. Nous allons donc essayer d’y voir un peu plus clair dans les origines de la magie et son évolution jusqu’à nos jours.

La magie pendant l’Antiquité

L’Antiquité entretient un rapport assez controversé avec la magie. D’abord considérée comme un relais entre l’homme et le divin, elle est ensuite reniée par l’Eglise et même considérée comme hérétique. En effet, comme on peut le lire dans l’Ancien Testament, « Tu ne laisseras pas vivre la sorcière » (Exode, XXII, 18). La magie est donc dénoncée par l’Eglise et passible de représailles.

A cette époque, la magie est considérée comme un don. Ce n’est pas une discipline que l’on peut apprendre mais bien une disposition acquise à la naissance permettant l’usage de pouvoirs surnaturels, même si certains trucages étaient tout de même utilisés comme ce fut le cas dans les temples de la Grèce Antique par exemple. C’est ainsi qu’au Ier siècle après J-C, Héron d’Alexandrie, grand ingénieur, mécanicien et mathématicien grec relate les trucages utilisés dans les temples grecs servant à asseoir l’autorité des prêtres. Ainsi, du vin coulait à la place de l’eau depuis les fontaines sacrées grâce à une dérivation et à un réservoir secret, les portes s’ouvraient comme par magie par la force d’un système hydraulique et des flammes parvenaient à jaillir des vases grâce à la réaction des grains de potassium jetés sur l’eau.

Les débuts de l’illusionnisme

Dédi de Dedsnefu semble être le premier illusionniste de l’histoire. Mis en scène dans le papyrus égyptien de Westcar datant de 2000 ans avant J-C, il réalise ce qui est sans doute le plus vieux tour de magie dont nous ayons encore une trace aujourd’hui. Dans ce récit, Dédi de Desnefu tranche la tête de deux animaux, un canard et un pélican avant que les deux animaux ne repartent en pleine forme comme si cela n’avait jamais eu lieu.

Les premiers objets truqués

Les plus anciens objets truqués retrouvés à ce jour sont des vases de la Grèce antique remontant au VIe siècle avant J-C.

La dénomination « magie »

La première apparition connue du mot « magie » se situe dans des inscriptions perses datant de 515 avant J-C.

Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose.

Sigmund Freud

La magie au Moyen-âge

Le Moyen-âge a énormément contribué à l’évolution de la magie. Depuis l’Antiquité, de nombreuses théories scientifiques et sociologiques s’opposaient sur la magie sans qu’aucune distinction ne soit faite entre art divinatoire, illusionnisme et sorcellerie. Mais avec l’arrivée du Moyen-âge, vint aussi le début de la distinction de différents types de magie. La magie sert alors à communiquer avec les dieux, mais elle peut aussi être maléfique ou source de peur lorsque l’on ne parvient pas à la contrôler. C’est alors que de nombreux types de magie voient le jour et s’opposent : magie cérémonielle et naturelle, préventive et active ou encore noire et blanche.

Mais c’est seulement au début du XIIIe siècle que la magie au sens où nous la connaissons, c’est-à-dire au sens de la prestidigitation se sépare de la sorcellerie. En effet, Giovanni Balbi est le premier à faire cette distinction dans ses écrits sous le nom d’escamotage.

Escamotage

L’escamotage tient son nom d’un tour visant à faire disparaitre une noix de muscade (appelée l’escamote) avec des gobelets.

La magie comme métier

Au Moyen-âge, les jongleurs furent les premiers à être rémunérés pour l’exécution de tours de magie (tour des gobelets, cracheurs de feu, …)

La magie contemporaine

Après la fin du Moyen-âge, la magie poursuit son évolution et sa théorisation comme ce fut le cas avec James George Frazer par exemple, qui distingua deux principes inhérents à la magie : le principe de similitude et le principe de contiguïté.

En 1819 apparaît pour la première fois le terme de « prestidigitation ». Ce terme, introduit par Jules Rovère provient du latin « presto digit » signifiant « l’agilité des doigts » et met ainsi en avant la dextérité nécessaire au magicien afin de parvenir a exercer son art.

Le mot illusionnisme, quant à lui, apparaît à la fin du XIXe.

Enfin, on ne pourrait parler des origines de la magie sans citer Jean-Eugène Robert-Houdin, considéré comme le père de la magie moderne. Son succès a inspiré de nombreux magiciens à travers le monde et a permis une véritable révolution de l’art de la magie au cours du XIXe siècle.

Aujourd’hui encore la magie continue d’évoluer et de se perfectionner. Depuis quelques années, on peut d’ailleurs voir apparaître un tout nouveau type de magie : la magie digitale, réalisée avec divers outils numériques.

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