Magicien français à Dubaïun métier de mains, travaillé depuis 2007
Cyril Regard ne fait pas de spectacle. Il fait un métier de mains, à trente centimètres des yeux, pour un petit nombre de personnes à la fois. Ce travail l’a fait inviter un peu partout dans le monde. Aujourd’hui, il le propose à Dubaï.
Il y a une chose utile à savoir avant de lui confier une soirée, et ce n’est pas une liste de tours.
Cyril Regard fait un métier de mains. Un métier où l’on répète le même mouvement pendant des années pour qu’il finisse par ne plus ressembler à rien, pour qu’il devienne aussi banal que reposer un verre. Un métier qui ne se voit pas quand il est bien fait, et c’est précisément là que se trouve tout le travail.
Un métier de mains
Pas de scène, pas de décor, pas de machine. Ses outils tiennent dans ses poches.
La magie qu’il pratique s’appelle le close-up, et elle se joue à trente centimètres. Vos invités ne regardent pas de loin. Ils tiennent les cartes dans leur propre main, ils referment leurs doigts sur l’objet, ils sentent la pièce disparaître dans leur paume. Il n’y a ni distance, ni estrade, ni rien derrière quoi se cacher.
C’est ce qui rend ce métier long à apprendre. Apprendre un tour prend quelques semaines. Apprendre à le faire disparaître dans un geste que personne ne remarque prend des années, et ce sont ces années-là qui font toute la différence. Le mouvement doit cesser d’être un mouvement. Il doit devenir une façon de tenir sa main.
Il travaille encore aujourd’hui des gestes qu’il pratique depuis 2007. Non pas parce qu’ils ne fonctionnent pas, mais parce qu’il reste toujours quelque chose à retirer. C’est un métier où l’on progresse en enlevant, pas en ajoutant. Au rythme actuel, ce sera terminé vers 2050.
« On n’apprend pas un tour. On apprend à le faire disparaître dans un geste. »
Ce que la Champagne apprend à un artisan
Il vit à Reims, au milieu des vignes, à quarante-cinq minutes de Paris.
Ce n’est pas un détail de biographie. Il a appris son métier à côté de gens dont le travail consiste à attendre, à recommencer et à ne rien précipiter. Des gens pour qui un geste bien fait vaut mieux qu’un geste spectaculaire, et pour qui la patience n’est pas une vertu mais une méthode. On ne sort pas indemne de vingt ans passés dans une région pareille.
Il a passé des années à jouer pour les Maisons de Champagne et pour leurs invités, c’est-à-dire pour des gens dont le métier est précisément de recevoir. Devant ce public-là, on apprend très vite une chose, et elle a façonné sa façon de travailler : l’élégance passe avant l’effet.
Un moment de magie ne doit jamais donner l’impression d’avoir pris la place de la soirée. Pas de musique triomphale, pas d’annonce au micro, pas de grand geste. Quelque chose de calme, de très proche, qui appartient à la soirée au lieu de la confisquer. C’est ce qu’il sait faire, et c’est la seule chose qu’il sache faire.
On l’invite un peu partout, et c’est le métier qui voyage
Cela fait des années que ce travail l’emmène ailleurs.
Il a joué aux États-Unis et au Japon. En Angleterre et au Pays de Galles, où il a vécu et où il joue en anglais aussi naturellement qu’en français. En Nouvelle-Zélande, en Turquie, au Maroc, en Grèce, en Finlande, au Portugal, en Allemagne, à l’île Maurice.
Cette liste n’est pas là pour impressionner qui que ce soit. Elle est là parce qu’elle lui a appris quelque chose qu’il n’aurait pas appris en restant en France : la magie se comprend partout, mais la politesse s’apprend à chaque fois.
Un geste qui fait rire ici peut mettre mal à l’aise ailleurs. Un moment magnifique en France peut devenir maladroit dans un pays dont on ignore les usages. Alors avant chaque pays, il se renseigne. Sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, sur les sujets que l’on aborde et ceux que l’on n’aborde pas, sur ce qui se touche et ce qui ne se touche pas.
C’est du travail invisible, et personne ne lui en demande jamais de comptes. C’est justement pour cette raison qu’il faut le faire.
Aujourd’hui, il propose son art à Dubaï
Une ville qui reçoit beaucoup, et qui reçoit bien.
Dubaï accueille des soirées superbes, dans des lieux que peu de villes peuvent offrir. Vos invités y ont sans doute déjà vécu de très belles choses, et il n’a aucune intention de rivaliser avec un feu d’artifice ni avec une vue au cinquantième étage. Ce serait un combat perdu d’avance, et un peu ridicule.
Ce qu’il apporte est d’un autre ordre, et cela tient en une phrase. Pendant quelques minutes, à leur table, il va arriver à vos invités quelque chose qu’ils ne pourront expliquer à personne. Pas un spectacle qu’ils auront regardé. Quelque chose qui leur sera arrivé, à eux, dans leurs propres mains.
Aux Émirats en particulier, certaines choses qu’il présente ailleurs n’ont pas leur place, et il les écarte de son programme sans qu’on ait besoin de le lui demander. Vous n’aurez jamais à surveiller votre magicien pendant votre propre soirée, ni à corriger quoi que ce soit devant vos invités.
Et vos tables sont rarement homogènes ici. Il passe d’une langue à l’autre selon les groupes, en français comme en anglais, sans que personne ait à traduire quoi que ce soit à son voisin.
Pourquoi quarante à soixante personnes, et pas huit cents
Ce n’est pas une posture. C’est la nature même de ce travail.
Autant le dire franchement, cela vous fera gagner du temps. Si vous cherchez quelqu’un pour tenir une scène devant huit cents personnes, il n’est pas le bon interlocuteur, et il vous le dira dès le premier échange. C’est plus rapide pour tout le monde.
La raison est simple. Un métier de mains ne se démultiplie pas. À trente centimètres, il n’y a que quelques personnes qui peuvent voir, et c’est exactement ce qui donne à ce moment sa force. Étalez la même chose sur une grande salle et vous obtenez autre chose, souvent très bien, mais plus du tout ce qu’il fait.
Un artisan ne fait pas de volume. Ce n’est pas un choix de posture, c’est la limite de son établi.
Il y a d’ailleurs un effet secondaire que les hôtes découvrent souvent avec surprise. En passant de groupe en groupe, il fait tenir les tables ensemble. Les gens restent, se parlent, se racontent ce qu’ils viennent de voir. Une soirée où les invités se mélangent vraiment n’arrive pas toute seule, et c’est souvent la vraie raison pour laquelle on le fait venir.
Il a écrit ailleurs pourquoi un public exigeant est le meilleur public qui soit. Si vos invités ont déjà tout vu, c’est une bonne nouvelle, et la réponse vous rassurera.
Ce qui se passe pendant votre soirée
Trois formes, qui se combinent selon le lieu, l’heure et le nombre.
Le close-up
Il passe de groupe en groupe, pendant le cocktail ou entre les plats. Chaque table vit son moment, à trente centimètres. C’est la forme la plus intime, et de loin la plus efficace pour réunir des invités qui ne se connaissent pas.
Le mentalisme
Là, il n’y a plus d’objet du tout. Pensez au prénom de quelqu’un qui vous est cher, ne le dites à personne. C’est troublant, très silencieux, et cela laisse souvent les invités sans voix plus longtemps que le reste. Il le réserve aux moments calmes.
Le final assis
En fin de soirée, tout le monde se rassemble et il offre un dernier moment à l’ensemble des invités. Ce n’est pas un spectacle de scène, c’est la même magie, simplement partagée par tous en même temps.
Pour les soirées d’entreprise, il ajoute volontiers un fil conducteur tiré de votre maison : vos valeurs, une date qui compte, le nom d’un projet, l’objet que vous lancez. Cela ne transforme pas la magie en présentation, cela lui donne simplement une raison d’être là ce soir-là.
Le déroulé se cale avec vous en amont, et notamment l’heure exacte, qui change beaucoup de choses. Il a rassemblé cette préparation dans un article à part, pour que tout se passe au mieux. Rien n’y est technique, tout y est organisationnel.
Ce qu’il vous en restera
Une soirée réussie ne se mesure pas le soir même. Elle se mesure trois mois après.
Il y a d’abord les objets. Certains moments laissent une trace matérielle : une carte signée devenue impossible, un objet plié d’une façon qui ne devrait pas exister. Vos invités repartent avec, et ces choses-là ne finissent pas à la poubelle du taxi. Elles finissent sur un bureau, et elles font parler pendant des mois.
Il y a ensuite le récit, et c’est le vrai produit de ce métier. Ce qui compte n’est pas ce que vos invités ont vu, c’est ce qu’ils raconteront. Un moment réussi se raconte mal et se raconte quand même, encore et encore, parce que celui qui l’a vécu n’arrive pas à le faire tenir dans des mots.
« On m’oubliera. Ce qui est arrivé ce soir-là, non. »
Si vous hésitez encore sur la forme, ou sur le type d’artiste qu’il vous faut, il a écrit un guide honnête sur la question : comment choisir son magicien. Il vous servira même si vous ne le choisissez pas.
Questions fréquentes
Vient-il de France jusqu’à Dubaï ?
Oui, et c’est une part normale de son travail depuis des années. On l’invite régulièrement hors de France, et l’organisation est rodée : il part de Reims, en Champagne, il joue pour vos invités, et il rentre. Son matériel tient dans ses poches, ce qui simplifie beaucoup de choses par rapport à un artiste de scène. Cela rend en revanche les contrôles de sécurité un peu plus longs que la moyenne.
Joue-t-il en anglais ?
Oui, aussi naturellement qu’en français. Il a vécu au Pays de Galles et à Londres, et il joue régulièrement pour des publics internationaux. Lors d’une même soirée, il passe d’une langue à l’autre selon les groupes, sans que personne ait besoin de traduire quoi que ce soit à son voisin. C’est un point important à Dubaï, où les tables sont rarement homogènes.
Combien d’invités faut-il pour que cela ait du sens ?
Entre quarante et soixante personnes, c’est l’idéal, et en dessous cela fonctionne aussi très bien. Au-delà de cent cinquante, autant le dire franchement : la magie qu’il pratique perd ce qui fait sa force, parce qu’elle se joue à trente centimètres des yeux. Ce n’est pas une préférence, c’est une limite technique. Pour une grande salle, un autre type d’artiste sera plus juste, et il vous le dira dès le premier échange.
Intervient-il ailleurs dans le Golfe ?
Oui. Abou Dabi, Doha, Riyad, Mascate ou Manama : une fois que l’on prend l’avion depuis la France, quelques centaines de kilomètres de plus ne changent pas grand-chose à l’organisation. Le principe reste le même, et la préparation aussi.
Comment s’adapte-t-il aux usages locaux ?
Il se renseigne avant chaque pays sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, et il écarte de son programme tout ce qui pourrait mettre un invité mal à l’aise. Certains moments qu’il présente en France n’ont pas leur place aux Émirats, et cela ne se discute même pas. Vous n’aurez jamais à surveiller votre magicien pendant votre propre soirée.
Depuis combien de temps exerce-t-il ?
Depuis 2007, et il n’a jamais fait autre chose. C’est un métier où l’on progresse lentement, en retirant plutôt qu’en ajoutant : il travaille encore aujourd’hui des gestes qu’il pratique depuis ses débuts, parce qu’il reste toujours quelque chose à enlever. Les années sont ce qui sépare un tour réussi d’un geste que personne ne voit passer.
Si vous recevez à Dubaï
Dites-lui la date, le lieu et le nombre d’invités. Il vous dira franchement s’il est le bon choix, et sinon il vous orientera.