Les grands magiciensde Robert-Houdin à David Copperfield, les légendes qui ont marqué l’histoire de la magie
Quelques hommes ont fait douter le monde de ce qu’il croyait impossible. Voici les plus grands.
La magie existe depuis presque aussi longtemps que les hommes. Mais sur des milliers d’illusionnistes, une poignée seulement a vraiment marqué les esprits, au point d’entrer dans la légende auprès du grand public. Trois d’entre eux dominent ce panthéon : Jean-Eugène Robert-Houdin, le père de la magie moderne, Harry Houdini, le roi de l’évasion, et David Copperfield, le plus titré de tous.
Autour de ces trois géants gravite une galerie de maîtres tout aussi marquants, des fondateurs oubliés aux stars d’aujourd’hui. Avant de les rencontrer, répondons à la question que tout le monde se pose.
Qui est le plus grand magicien de tous les temps ?
Il n’existe pas un seul « plus grand magicien du monde », mais plusieurs géants, selon ce que l’on admire. Si l’on parle du fondateur, c’est Robert-Houdin qui a inventé la magie moderne. Si l’on parle de notoriété, aucun nom n’a jamais éclipsé celui de Houdini. Et si l’on parle de réussite, David Copperfield reste le magicien le plus titré et le plus médiatisé de l’histoire. Voici les quatre réponses possibles.
Trois siècles d’histoire séparent ces noms, et pourtant tous partagent la même promesse : offrir, le temps d’un instant, le plaisir de ne pas comprendre. Faisons leur connaissance.
Jean-Eugène Robert-Houdin
Horloger et mécanicien de génie, Robert-Houdin est considéré comme l’inventeur de la magie moderne. Là où les bateleurs officiaient sur les foires, lui fait entrer la magie dans les salons et sur les scènes, en habit de soirée. C’est de lui que nous vient l’image du magicien en queue-de-pie.
Spécialiste des automates, il marie le premier la magie et la technologie, introduit l’électricité dans ses spectacles, et réalise dès le XIXe siècle des effets de mentalisme les yeux bandés. Ses successeurs, tous, s’inspireront de lui.
Son influence dépasse de loin la scène. En 1856, le gouvernement de Napoléon III l’envoie en Algérie : sa mission, désamorcer une révolte attisée par des marabouts qui se prétendent dotés de pouvoirs surnaturels. Devant les chefs de tribus réunis, Robert-Houdin démontre que sa « magie » française surpasse la leur, et contribue à apaiser les esprits. Jamais un tour n’aura eu pareille portée.
À sa mort, il laisse des ouvrages qui restent, aujourd’hui encore, des références. Son plus célèbre héritier choisira son nom en hommage : un jeune Américain du nom de Harry Houdini.
« Si tous les livres écrits sur la magie devaient être détruits, tout l’art pourrait être reconstruit à partir de ce seul ouvrage. »
Harry Houdini
Né Erik Weisz à Budapest en 1874, il émigre enfant aux États-Unis. Dès neuf ans, il monte sur scène comme trapéziste, puis se passionne pour l’illusion. En hommage à son idole Robert-Houdin, il choisit le nom qui le rendra immortel : Harry Houdini.
Sa renommée, il la doit à ses évasions. Menottes, cages, malle immergée, cellule de prison : rien ne lui résiste. En 1898, il défie la police de Chicago de l’enfermer, et s’évade en trois minutes. En 1918, sur la scène du Hippodrome de New York, il fait disparaître un éléphant vivant devant des milliers de spectateurs.
Houdini n’était pas qu’un évadé : c’était un homme engagé, qui consacra ses dernières années à démasquer les faux médiums du spiritisme. Mais son orgueil lui fut fatal. Il se vantait de pouvoir encaisser n’importe quel coup au ventre. En octobre 1926, à Montréal, un étudiant le prend au mot et le frappe sans prévenir. L’appendice rompt, la péritonite gagne, et le roi de l’évasion meurt le 31 octobre 1926, sans avoir pu, cette fois, s’échapper.
David Copperfield
De son vrai nom David Seth Kotkin, David Copperfield est le magicien le plus titré et le plus médiatisé de l’histoire, décrit par le magazine Forbes comme le plus grand succès commercial que la magie ait jamais connu. À douze ans, il est le plus jeune membre admis à la Society of American Magicians. À dix-huit ans, il choisit son nom de scène, emprunté au célèbre roman de Charles Dickens.
Sa carrière est une succession de records : vingt et un Emmy Awards, onze records du monde, une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Sur le petit écran, il atteint une popularité jamais égalée par un magicien. Et ses illusions repoussent toutes les limites : en avril 1983, devant les caméras, il fait disparaître la Statue de la Liberté ; plus tard, il traversera la Grande Muraille de Chine.
Au-delà du spectacle, Copperfield a aussi mis la magie au service du soin. En 1982, il fonde le Project Magic, une méthode de rééducation qui apprend des tours aux personnes en situation de handicap pour leur redonner dextérité et confiance. Le programme, reconnu par les milieux médicaux, est aujourd’hui utilisé dans des centaines d’hôpitaux à travers le monde. La preuve qu’un grand magicien ne se mesure pas qu’à ses illusions.
La galerie des immortels
Six autres maîtres, anciens et célèbres, sans qui l’histoire de la magie ne serait pas la même.
Georges Méliès
Illusionniste avant d’être cinéaste, il rachète en 1888 le théâtre de Robert-Houdin. Père des effets spéciaux, il transpose la magie de la scène à l’écran et signe le légendaire Voyage dans la Lune.
Harry Kellar
Surnommé « le doyen de la magie américaine », il promène ses grandes illusions sur tous les continents. En 1908, il transmet officiellement à son successeur le titre de « plus grand magicien du monde ».
Howard Thurston
Héritier de Kellar, il porte le plus grand spectacle de magie jamais monté, au sommet de l’âge d’or. Sa scène réclamait huit wagons de matériel et une troupe entière pour le servir.
Dai Vernon
Le maître absolu du close-up. En 1919, il présente sept fois de suite le même tour de cartes à Houdini sans que ce dernier le perce. Il restera « l’homme qui a trompé Houdini ».
Chung Ling Soo
Sous cette identité chinoise se cachait l’Américain William Robinson. Sa légende doit autant à son mystère qu’à sa fin : son tour d’attraper une balle tourne mal, sur scène, en 1918.
David Blaine
Il a réinventé la magie moderne en la sortant des théâtres pour la rendre à la rue, au plus près des gens. Ses exploits d’endurance, figé dans la glace ou immergé pendant des jours, ont fasciné le monde entier.
Questions fréquentes
Qui est le plus grand magicien de tous les temps ?
Il n’y a pas une seule réponse. Jean-Eugène Robert-Houdin est le père de la magie moderne, Harry Houdini reste le magicien le plus célèbre de l’histoire, et David Copperfield en est le plus titré, avec vingt et un Emmy Awards et onze records du monde. Chacun est « le plus grand » dans son domaine.
Qui est le magicien le plus célèbre du monde ?
Harry Houdini est sans doute le magicien le plus célèbre de tous les temps. Roi de l’évasion, il a tellement marqué la culture populaire que son nom est devenu une expression courante. Chez les magiciens d’aujourd’hui, David Copperfield et David Blaine sont les plus connus du grand public.
Qui a inventé la magie moderne ?
Jean-Eugène Robert-Houdin, magicien français du XIXe siècle (1805-1871), est considéré comme le père de la magie moderne. Le premier, il a fait de la magie un art de scène respectable, en habit de soirée, et a inspiré tous les illusionnistes qui lui ont succédé, à commencer par Houdini, qui a choisi son nom en hommage.
Quel est le magicien le plus titré ?
David Copperfield est le magicien le plus récompensé et le plus médiatisé de l’histoire : vingt et un Emmy Awards, onze records du monde et une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Forbes le décrit comme le plus grand succès commercial qu’ait connu la magie.
Qui sont les plus grands magiciens anciens ?
Parmi les figures historiques, on retient Robert-Houdin (XIXe siècle), Harry Kellar et Howard Thurston, maîtres de l’âge d’or de la magie, Georges Méliès, illusionniste devenu pionnier du cinéma, et Chung Ling Soo, célèbre pour sa fin tragique en 1918. Pour les origines les plus lointaines de l’art, voyez notre article sur l’histoire de la magie.