Le regard de Cyril
Beaucoup de magiciens construisent tout leur numéro en direction du climax, comme on prépare un feu d’artifice. Ce n’est pas ma façon de faire. Chez moi, le sommet arrive sans prévenir, presque à voix basse, comme un instant parmi les autres. Je n’appuie pas dessus, je ne l’annonce pas, je ne quête aucun applaudissement. Et c’est précisément ce qui le rend redoutable : le public n’a pas eu le temps de se protéger. Le silence qui suit dure une seconde de trop, puis quelqu’un rit nerveusement, et je sais que c’est gagné. Le plus beau climax n’est pas celui que l’on souligne, c’est celui que l’on laisse tomber comme s’il allait de soi.